Les pays et les changements climatiques
Dans l’optique du développement durable combiné à la nouvelle réalité de la mondialisation, apparait le concept de l’ingérence écologique. Cette notion qui découle du lexique militaire est maintenant brandie par hommes politiques et scientifiques, qui trouvent une intervention armée justifiable si enfreinte écologique grave il y a. Le Brésil par exemple, qui coupe quelques centaines d’hectares de forêt vierge quotidiennement serait une cible potentielle, car il ne respecte en rien nos forêts, poumons de la terre. Une telle intervention serait une manœuvre sans doute très mal vue de la part de l’opinion publique, en plus d’attiser les tensions entre de grandes puissances économiques. À l’inverse, c’est la position avant-gardiste en matière de lutte contre les changements climatiques qu’ont adoptée certains pays industrialisés, auparavant dans l’ombre, qui les a positionnés sur l’échiquier international. Ils avancent l’hypothèse que si rien n’est fait, l’humanité sera alors confrontée à la plus grande crise de son histoire. Avec une telle idéologie, il est normal que ces pays soient les hôtes de conventions écologiques, qui tablent, dans un monde idéal, sur des réductions substantielles d’émissions de gaz à effet de serre. Malheureusement, ses réunions, bien trop souvent informelles, accueillent des délégués mal équipés, en provenance de pays en voie de développement, qui doivent eux aussi mettre la main à la pâte pour contrer le bouleversement de nos écosystèmes. Sort de ses rencontres des plans et protocoles très techniques, où sont ciblés des objectifs jugés faciles à atteindre, selon la communauté scientifique. Évidemment, les progrès réalisés sont souvent contingents. Pour éviter d’en arriver là, la communauté internationale a adoptée quelques mesures dissuasives à l’endroit des pays réticents à faire leur part, dont leurs exclusions au mécanisme d’assouplissement prévu par la bourse du carbone. Ce genre de tribunes, même si elles se soldent parfois par un échec, capte l’attention médiatique pendant quelques jours ce qui, en soi, est très bénéfique. On en vient parfois même à aviver l’opinion publique, qui fait alors pression sur les différents groupes politiques en place.
Le trio indo-sino-américain est actuellement dans la mire des organismes environnementaux. En effet, à elles seules ses trois grandes puissances émettent l’essentiel des gaz à effet de serre. Sans leur collaboration dans la lutte aux changements climatiques, les efforts entrepris par les pays européens notamment n’auront pas de solides impacts. L’arrivé prochaine d’une administration démocrate à la Maison-Blanche va probablement changer la donne estime M. Le Prestre, bien que plusieurs variables déterminantes restent encore à établir. Le processus pour s’inscrire dans une démarche de stabilisation, voir de réductions de la pollution qui se dégage en atmosphère est long fastidieux, ce qui laisse croire que rien ne sera fait de la part des États-Unis avant quelques années.
Depuis maintenant trente ans, l’humanité a effectuée des pas de géants dans la conscientisation face au grave problème que représentent les bouleversements climatiques. Reste maintenant à voir jusqu’où nous serons prêts à sacrifier ou encore à réformer notre développement économique au profit des écosystèmes.
Par: Jérôme Baril et Florent P.-Proulx
