L'année scolaire se termine. Comme tout enseignant qui se donne corps et âme au quotidien, je suis complètement éreinté. Finir une année scolaire est un étrange cocktail de sentiments : les reposantes (et ô combien nécessaires!) vacances me réjouissent, mais voir partir des élèves qu'on a appréciés est toujours déchirant.
Je pourrais vous pondre un texte littéraire là-dessus, mais pour être sincère, une seule idée qui résume tout me vient en tête actuellement. J'ai envie d'être direct, concis et sans fioriture.
J'aime mon travail. Voilà, c'est dit.
J'aime "ma job", point à la ligne.
J'aime "ma job" profondément, intensément, viscéralement. Voilà l'essentiel de mon propos, celui par lequel tout le reste tombe sous le sens.
J'aime mon travail parce que j'aime d'abord et avant tout les élèves. J'aime les voir apprendre, découvrir, explorer, discuter. J'aime constater qu'ils sont capables d'avoir du plaisir en travaillant. J'aime leurs projets, leurs réussites, leurs ambitions. J'aime être présent pour les aider à se relever d'un échec, d'un écueil ou simplement d'un moment difficile. J'aime leur capacité à mobiliser les ressources qu'ils possèdent pour venir à bout de tous les petits défis que mes collègues et moi leur lançons au quotidien. J'aime les voir réfléchir, soupeser, remettre en question les dogmes, repousser les frontières, décider et agir en fonction de leur analyse des situations. J'aime constater jour après jour à quel point ils sont informés, allumés, intéressés, dégourdis et débrouillards.
Quand il s'agit de "lâcher son fou" un peu, j'aime les jeunes et leur humour tellement adolescent... et tellement tordant. J'aime leur capacité à passer, en deux secondes, d'une réflexion profonde sur le sens de la vie à un épisode de cabotinage franchement rigolo. Les jeunes sont naturellement créatifs et j'aime leur donner l'espace pour qu'ils me le prouvent plutôt que de limiter cette créativité dans un cadre immuable et inflexible. J'aime la confiance qu'ils m'accordent et qu'ils s'accordent entre eux, confiance sans laquelle toute création serait impossible ou presque.
J'aime aussi me poser en guide qui suggère aux élèves des pistes d'exploration, des romans, des suggestions culturelles. J'aime les aider à se retrouver dans l'abondance d'informations, dans "l'infobésité" dont nous sommes gavés presque par intraveineuse. J'aime partager leur goût de connaître des choses et d'en apprendre toute leur vie durant.
J'aime les élèves pour ce qu'ils sont, en fait. Grâce à eux, je carbure à la passion. Avec leurs forces et leurs faiblesses, ils m'obligent à me dépasser et à être toujours meilleur, plus à l'écoute et plus exigeant envers moi-même et envers eux.
Enfin, j'aime la liberté que j'ai dans l'exercice de mon travail au quotidien. C'est cette capacité à m'aménager un espace de liberté au sein d'une structure scolaire somme toute peu flexible qui me tient professionnellement en vie, en fait. J'aime sentir que les parents et les autres intervenants de l'école s'impliquent pour mener chaque élève vers la réussite scolaire et, plus important encore, vers l'éclosion du plein potentiel de chacun. J'aime les liens qui se créent et qui se développent entre l'école et ceux qui gravitent autour, qu'ils soient parents, enseignants, blogueurs, stagiaires, entrepreneurs, etc.
Élèves, parents, collègues et lecteurs de ce message, considérez-vous tous individuellement remerciés. C'est le maillage de vous tous qui me fait apprécier mon travail et je vous en remercie sincèrement. Sur ce, je me permets de prendre quelques semaines de repos avant septembre prochain, avant de "repartir la machine" avec de nouveaux élèves que j'aurai autant de plaisir à découvrir que mes élèves de cette année.
"Merci de m'avoir enseigné la passion", m'a écrit une élève dans une carte qu'elle m'a remise l'an dernier. "Merci de me l'insuffler", lui répondrai-je... et vous répondrai-je!
Bonnes vacances et à l'an prochain,
Entendu aux nouvelles radio-canadiennes il y a quelques minutes :
"Des experts estiment que si l'éclosion de la grippe porcine devait se transformer en pandémie, le PIB mondial pourrait se rétracter de 2 à 5 % cette année à cause des pertes économiques engendrées par la maladie".
Dans le même ordre d'idées, on apprenait aujourd'hui qu'une compagnie quelconque qui fabrique des masques médicaux a vu son action bondir en bourse. Pourquoi? Vous l'aurez deviné : d'obscurs spéculateurs affirment froidement et tout bonnement qu'une pandémie augmentera la demande pour ce genre de masques.
Suis-je le seul à trouver odieux, minable, dégueulasse et inhumain que l'on analyse cette crise en termes financiers? N'y a-t-il pas moyen de foutre aux poubelles, l'espace de quelques secondes, la sacro-sainte quête du profit pour se concentrer sur les gens qui souffriront de ce virus?
Dieu que ça me décourage!
Faudrait mettre la gestion de la planète et de son économie entre les mains des poètes, juste pour voir. Ils ne pourraient pas faire pire que les économistes, après tout...
Bonjour,
On parle de nous dans la revue Virage, publiée et distribuée par le MELS. Le texte est à propos de la présentation que M. Jean-Philippe Caron, directeur adjoint responsable du programme PROTIC, et moi-même avons faite en octobre dernier, à la Rencontre nationale des gestionnaires de l'éducation. Notre présentation portait sur la façon dont le développement professionnel, dans un contexte de changement, est géré en collégialité au PROTIC. L'article, simple et bref, rend assez bien nos propos, ce qui me réjouit au plus haut point !
Dans un tout autre ordre d'idées, ce billet de Marie-Pier Hamel est mon coup de coeur de ce beau samedi après-midi ensoleillé. Voilà le genre de texte qu'il faudrait faire lire à tous ceux qui croient (à tort, bien sûr!) que tous les jeunes sont dépravés !
Quelqu'un qui connaît un employé d'Épargne Placements Québec pourrait-il lui dire, de ma part, que les publicités télévisées de cet organisme sont ridicules, énervantes et pathétiques?
"Coiffure pour elle et lui? Oui, de la coiffure... pour elle et lui. Auberge sur la montagne? Oui, une auberge... sur la montagne", on commence à en avoir marre, à la fin...


Le moment est historique : j'ai gagné mes élections!
Non, je n'ai pas voté libéral, mais j'ai gagné quand même : Amir Khadir, homme dont j'admire le travail acharné et la grande intégrité, vient d'être élu le premier député de l'histoire de Québec solidaire.
Fidèle à lui-même, Khadir a eu la victoire à la fois humble et exubérante. D'ailleurs, l'ambiance de la foule n'était pas sans rappeler l'exaltation de la victoire historique du Parti Québécois en 1976, bien que la portée historique de l'élection de Khadir soit, avouons-le, beaucoup moins grande. Les Solidaires sont peu nombreux, mais leur conviction est d'une fraîcheur impressionnante.
Dieu que je suis content pour Khadir ! Cet individu est beau, au sens noble et profond du terme. J'ai envie de croire au beau rêve de solidarité qu'il propose. Grâce aux électeurs de Mercier, je dormirai heureux et satisfait ce soir. Bon mandat, M. Khadir !
Bonjour,
C'est avec un immense plaisir que je publie cette savoureuse parodie de pancarte péquiste créée par François, un de mes anciens élèves maintenant en 5e secondaire. Après tout, il faut bien rire de soi-même un peu... ;-)

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