Je commence à "triper"!

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Bonjour à tous,
 
J'espère bien que vous me permettrez le québécisme familier "triper" que j'ai utilisé dans le titre. Antidote dit que "triper", au Québec, c'est "éprouver un vif plaisir". Et c'est exactement ce que je ressens actuellement, parce que je lis vos blogues et aussi ce qu'on commence à en dire ailleurs... 
 
Commençons par le commencement, donc. Ce matin, je me souviens d'avoir dit au groupe 32 que j'ai rencontré, au précongrès de l'AQPF, un monsieur fort intéressant qui a résumé exactement ce que je pensais du potentiel formidable de nos blogues avec un enthousiasme et une clarté hors du commun. Ce blogueur que je lis assidûment, M. Mario Asselin, a publié aujourd'hui un billet dans lequel il parle de nous. Pour ceux qui n'avaient pas encore saisi toute la portée publique des blogues, voilà un joli constat : oui, vous êtes lus!
 
Parlant de lectures de vos blogues, je commence à y voir de bien belles choses émerger. La diversité commence déjà à s'installer même si les nouvelles catégories ne sont en place que depuis lundi : il y a des comptes rendus de lecture magnifiques comme ceux de Maude (wow!) et de Daniel, la découverte d'un roman passionnant que nous propose Antoine, des bilans réflexifs d'une grande qualité comme ceux de Vanessa et de Samuel, le questionnement pertinent de Kassy sur la problématique de la drogue, la flamboyante guitare rouge de Louis-Philippe, etc.
 
Bref, je vous découvre donc de jour en jour par le biais de vos blogues... et je "tripe"! Continuez à bloguer vos travaux scolaires et vos réflexions sur l'apprentissage... et parlez de tout ce qui vous intéresse pour remplir les autres sections comme bon vous semble!
 
Martin B. 

Pré-congrès de l'AQPF

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Bonjour,
 
Il me fait plaisir de rendre disponibles le diaporama et la vidéo utilisés par ma collègue Louise Ménard et moi-même lors de notre conférence au pré-congrès de l'AQPF (23 octobre 2007). Ces documents s'adressent surtout à l'auditoire présent lors de cette conférence, mais peut-être peuvent-ils être utiles à d'autres...
 
Martin Bélanger
mbprotic@gmail.com

Les blogues et l'orthographe

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Bonjour,

Je pose ici la première pierre d'une réflexion collective que j'aimerais bien avoir avec vous tous, élèves des groupes 31 et 32, et à laquelle peuvent parfaitement participer les parents s'ils le désirent. L'épineuse question est la suivante : comment éviter à tout prix que des fautes d'orthographe soient publiées sur vos blogues?
 
D'entrée de jeu, certains diront que la question elle-même est carrément inutile, prétextant que le message livré a la même portée quel que soit le nombre de fautes qu'on y trouve. Or saviez-vous que beaucoup d'études (voir celle-ci, point 4, page 14) démontrent que dans presque tous les cas, les idées d'un texte truffé de fautes seront perçues comme plus pauvres que les mêmes idées reprises de la même manière dans un texte au français impeccable? C'est donc dire que le « contenant » (vocabulaire et fautes) a un impact majeur sur la perception du contenu : plus un texte est bien écrit, plus on accordera de la valeur aux idées qu'il contient.
 
De plus, j'ajouterai qu'une autre tendance, le « googling » (qui consiste à saisir le nom de quelqu'un dans Google pour en savoir plus sur lui), révèle que l'orthographe d'un blogue doit être impeccable : de nombreuses entreprises « googlent » le nom des candidats à l'embauche et refusent systématiquement ceux dont l'orthographe est atroce ou dont les informations personnelles sont douteuses. Cette idée sera d'ailleurs développée plus longuement dans les prochains paragraphes.
 
Ces deux exemples simples reposent sur une prémisse majeure du blogue, soit son caractère éminemment public. Le blogue peut être un formidable outil de partage et de coélaboration des connaissances... à la condition qu'on choisisse les choses à y mettre (contenu) et comment les y mettre (« contenant »). Ainsi, un internaute qui cherche une critique d'un livre peut parfaitement tomber sur le blogue d'un élève de troisième secondaire qui en parle en ses mots dans le cadre d'un travail scolaire. L'internaute peut même y réagir en ajoutant un commentaire à l'article. Cette situation est possible parce que l'élève en question a choisi de rendre son travail public, l'exposant ainsi au regard critique des autres, qui peuvent bonifier la production initiale par leurs suggestions et leurs propos. L'exemple de Wikipédia, un wiki public que tout internaute peut enrichir en y ajoutant ses connaissances, nous prouve à lui seul toute la puissance de la technologie au service de la construction collective du savoir!
 
L'autre caractéristique du blogue qui m'intéresse particulièrement est son aspect fondamentalement démocratique. De nos jours, quiconque possède un ordinateur et un équipement informatique de base peut rapporter des faits et des opinions à volonté, et ce, sans intermédiaire. Avec les blogues et les wikis, la barrière entre la réalité et ce que les médias choisissent d'en rapporter tombe, car la pensée et le moyen de communication de cette pensée appartiennent à un seul et même individu. Les mécanismes de censure sur Internet sont donc à peu près inexistants ou, du moins, faciles à contourner... avec tout ce que cela comporte comme avantages et comme inconvénients. Un blogueur peut choisir de bloguer des découvertes et des apprentissages fascinants, mais s'il manque de jugement, il peut aussi répandre des faussetés, des inepties ou des opinions sans fondement qu'il regrettera peut-être plus tard.
 
Le fait qu'un blogue soit public et démocratique est lourd de conséquences. Voici un exemple fictif qui porte à réfléchir. Jean s'est créé un blogue sur lequel il dépose des billets mal rédigés, parfois grossiers, et agrémentés de photos privées sur lesquelles on ne le voit pas sous son meilleur jour. Sur l'une des photos, on le voit avec Jeannette lors d'une fête bien arrosée, tous deux semblant plutôt éméchés. Jeannette, à la recherche d'un emploi, se présente à une entrevue pour un poste de secrétaire dans un cabinet médical. L'entrevue se passe bien, à un tel point que l'employeur demande à Jeannette si elle peut débuter lundi prochain. Elle accepte et sort du cabinet, ravie. En sortant, une des employées du cabinet la reconnaît : en parcourant le Web à la recherche d'anecdotes sur la vie de bureau, elle est tombée la veille, complètement par hasard, sur le blogue de Jean. Comme elle a vu les photos de Jeannette, elle en parle au patron qui, à son tour, va voir le blogue de Jean et les photos compromettantes. Finalement, le patron rappelle Jeannette pour lui dire qu'un meilleur candidat a été trouvé et qu'il n'aura pas besoin de ses services...
 
Fiction? Oui. Paranoïa? Je ne crois pas. Invraisemblance? Pas sûr. C'est théoriquement possible, en tout cas.
 
En y réfléchissant, on voit bien qu'il est nécessaire d'élargir la question initiale. En plus de se demander comment éviter les fautes d'orthographe, il faut aussi s'interroger sur le contenu des messages. Comment s'assurer que les messages blogués, potentiellement consultables par des millions d'internautes, livrent un message pertinent et éthique sans que chacun d'entre eux doive être approuvé par l'enseignant (ce qui serait contraire au caractère démocratique du blogue)? Je résumerai l'essentiel de ma pensée en trois formules énoncées ci-dessous.
 
Premier énoncé
Parce que le blogue est un outil d'apprentissage (du moins, pour nous), le choix des éléments qui y sont déposés doit faire l'objet d'une démarche personnelle consciente et doit être fait en fonction d'une intention d'apprentissage claire.
 
Deuxième énoncé
Parce que le blogue est un outil public, qui laisse donc des traces, le contenu (idées et documents joints) et la forme (qualité de la langue) des messages déposés doivent correspondre, à court et à long terme, auxattentes qu'a la collectivité (élèves, parents, internautes en général) par rapport à un outil d'apprentissage.
 
Troisième énoncé
Parce que le blogue est un outil démocratique, le processus d'écriture et de gestion du blogue, tant en ce qui a trait au choix des éléments (premier énoncé) qu'au contenu des messages (deuxième énoncé), doit se faire librement pour chaque individu, dans la mesure où les choix de l'individu sont conformes aux règles de vie communes.
 
Que fait-on, maintenant? Comment opérationnalise-t-on ces beaux principes? C'est précisément ce que je veux que nous décidions ensemble. La section « En construction », que je vous ai demandé de créer pour y déposer vos textes à retravailler, me semble être un bon début, mais ce n'est pas suffisant pour que tous les textes blogués soient excellents, tant sur le fond que sur la forme. Il faudra trouver d'autres moyens d'y arriver ensemble.
 
Pensez-y et commentez ce billet comme bon vous semble. Toute suggestion constructive est bienvenue!
 
Martin Bélanger
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