Une solution... et des problèmes!

À découvrir Rétroliens (0) Commenter   

Deux bons textes publiés sur Cyberpresse ont particulièrement attiré mon attention depuis quelque temps.

D'une part, il faut souligner cette initiative russe d'abandonner Windows au profit d'une des nombreuses variantes de Linux, un produit gratuit et bien ficelé. Au-delà de la fonctionnalité de Linux, c'est la philosophie derrière les logiciels libres (open source) qu'il faut saluer : c'est vers cette idée de partage et de collaboration entre utilisateurs et concepteurs, qui forment souvent un seul et même groupe, que se trouve l'avenir du Web. Jumelée à de jolies prouesses technologiques et à un bel idéalisme, cette philosophie peut même mener à ceci. Imaginons maintenant ce que l'on pourrait faire dans le domaine de l'éducation au Québec si l'on mettait dans le coup nos jeunes, qui ont une connaissance en informatique nettement plus approfondie et créative que nous, les "vieux". Je rêve du jour où un élève me dira : "Hein! Tu utilises Dreamweaver! Je vais t'installer le logiciel que j'ai créé, tu vas voir, il marche beaucoup mieux"...

Dans un tout autre ordre d'idées, ce phénomène m'inquiète. Il me laisse carrément bouche bée. Quelqu'un a une explication, une solution, un commentaire?

Les joies du supermarché

Tranches de vie Rétroliens (0) Commentaires (1)   

La scène se déroule hier soir, dans un supermarché Maxi de la grande région de Québec. Les bras remplis de nourriture, je me dirige nonchalamment vers les caisses. Évidemment, à cause de la loi limitant le nombre d'employés des épiceries, une interminable file s'est formée derrière la seule caisse ouverte. La pauvre caissière semble débordée et, pour tout dire, franchement écoeurée, et avec raison. Une idée de génie me vient alors à l'esprit : "Tiens, ce serait le temps d'essayer les caisses libre-service, juste pour voir..."
 
Je me pointe devant l'un de ces gros engins métalliques. Le principe est simple : un écran tactile, une fente pour les cartes de crédit et un plateau métallique rotatif sur lequel on doit déposer les aliments achetés. Après que j'eus choisi de me faire servir en français, une voix masculine fluette me tire de mon ignorance : "Veuillez passer le premier article sur le scanner, puis déposez-le dans le sac". Clair, net et précis, me suis-je dit en me félicitant de n'avoir pas fait la file comme les autres. Ô cruelle erreur! Je "scanne" l'article, le dépose dans un des sacs du plateau métallique et, parce que je suis un peu écolo et que j'ai horreur des sacs de plastique, je retire l'article du sac de plastique pour le mettre dans mon propre sac réutilisable qui trônait fièrement à mes pieds. 
 
Première erreur. La rutilante bibitte automatisée refuse tout net : "Veuillez remettre l'article dans le sac". Heu... Mais il est dans un sac, mon article, non? Rien à faire : il fallait remettre l'article sur le plateau métallique pour en pouvoir "scanner" un second. Eh bien... Dans un éclair de lucidité étonnant compte tenu de l'heure tardive, je laisse mon article dans le sac réutilisable, puis je le dépose sur le plateau. Autre message d'erreur : "Veuillez passer l'article sur le scanner, puis déposez-le dans le sac". J'ai donc dû me résigner à laisser mes sacs réutilisables de côté. Vive l'environnement!
 
Tout allait presque bien jusqu'à ce que j'arrive aux raisins verts. Deuxième erreur. Que de mal me suis-je donné pour ces misérables fruits! Après avoir sélectionné "fruits et légumes" à l'écran, ça s'est compliqué un peu : les raisins n'étaient ni dans "fruits populaires", ni dans "fruits verts" (moi qui pensais pourtant que les raisins verts étaient... verts). C'est finalement une employée du Maxi qui a réglé le problème en entrant un code à quatre chiffres correspondant auxdits raisins. Comme c'est pratique et convivial d'avoir besoin d'une employée pour utiliser une caisse soi-disant libre-service! Si on la plaçait à une seconde caisse, cette employée-entreuse-de-code-de-raisins-verts, la file serait deux fois moins longue et nous n'aurions pas à nous farcir les caisses libre-service, non?
 
La morale de l'histoire, c'est qu'à ce moment précis de mon existence, j'ai mis trop de temps à négocier avec une machine bornée. J'ai été un peu choqué de voir que l'on puisse remplacer des employés par des machines idiotes, froides et sans jugement. Et ce soir-là, je me suis senti profondément con d'avoir choisi la machine au détriment de l'homme.
 
"Merci d'avoir magasiné chez Maxi", me dit l'automate maudit en terminant. Heureusement, malgré la puissance du conditionnement opérant, je n'ai pas été assez imbécile pour lui répondre "merci, bonne soirée à vous".
 
Martin B. 

Un drapeau sexagénaire

À découvrir Rétroliens (0) Commentaires (1)   

 

Drapeau du Québec

Le drapeau du Québec, emblème national très important qu'un sondage datant de 2001 avait identifié comme le troisième plus beau drapeau de l'Amérique du Nord, a eu 60 ans hier. Il faut savoir qu'au moment de son adoption, sous le gouvernement de Maurice Duplessis, le Canada avait encore pour drapeau le Red Ensign britannique. Pour les plus jeunes d'entre vous, sachez que l'adoption d'un drapeau provincial dans un pays qui n'avait pas son drapeau distinct était un coup d'éclat nationaliste typique de la mentalité de Duplessis!

Comme un drapeau représente davantage qu'un simple bout de tissu, je vous suggère fortement de lire cet intéressant texte sur l'histoire du drapeau du Québec. Vous y découvrirez que ce symbole s'est grandement modifié avec le temps!

Quelques récentes perles

À découvrir Rétroliens (0) Commenter   

Quelques-uns de mes récents coups de coeur parmi les billets de mes élèves de PROTIC 3e secondaire :

Bonne lecture!

 

L'arroseur arrosé

Cris et écrits Rétroliens (0) Commentaires (9)   

Petit entrefilet lu à la page 11 du Journal de Québec du 9 janvier 2008 (les encadrés sont de moi) :

Les jeunes en arrachent en français

Quel bonheur de voir un journaliste casser du sucre sur le dos des jeunes à propos de leur orthographe... en faisant quatre fautes au passage!

Cher journaliste anonyme - lock-out oblige, tous signent "Le journal" - voici un petit cours de français pour vous.

  1. Le verbe "ont réussit" (sic) comporte une grossière faute d'orthographe. En effet, le participe passé du verbe "réussir" se termine par un "i"; cet étrange "t" en guise de lettre finale n'a aucune raison d'être. Pour vous y retrouver, monsieur le journaliste, je vous donne ce petit truc : imaginez une phrase dans laquelle le verbe serait au féminin et prononcez-la à voix haute. Par exemple, si l'on dit lors d'une discussion que "la partie a été réussie", jamais il ne vous viendra à l'idée de dire que la "partie a été réussite", n'est-ce pas? Quand on n'entend pas la lettre finale d'un participe masculin lorsqu'on le met au féminin, c'est qu'il n'y a pas de lettre finale. Essayez-le avec d'autres verbes et voyez par vous-même : fini, soumis, fait, couru, etc.
  2. Les deux abréviations "6ième" et "23ième" sont erronées. Mis à part "premier" et "première", qui s'abrègent "1er" et "1re", tous les autres adjectifs numéraux ordinaux s'abrègent par un simple "e" placé après le nombre. On dira donc "6e" et "23e", tout simplement.
  3. Décidément, les participes passés vous posent problème, cher journaliste anonyme. "Ayant participées" (sic) est encore ici composé d'un participe passé, "participé", et de son auxiliaire "ayant". Si l'on se pose encore la question "qui?" ou "quoi?" après le verbe, on ne trouve aucune réponse dans la phrase; puisque le complément "à l'étude" répond à la question "à quoi?" et non "quoi?", le verbe en question a un complément indirect. Lorsqu'un participe passé avec l'auxiliaire "avoir" n'a pas de complément direct, il demeure invariable. Il aurait donc fallu écrire "ayant participé".
Morale de l'histoire? Avant de faire des remontrances à nos enfants, qui sont en apprentissage continu, rappelons-le, assurez-vous de savoir vous-même écrire au préalable, surtout après des études universitaires en journalisme...

Le casse-tête de l'évaluation

Réflexions pédagogiques Rétroliens (0) Commentaires (1)   
" Monsieur le président, je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être si vous avez le temps..."
- Boris Vian, Le déserteur
 
 
Ce billet se veut davantage un cri du coeur qu'une grande réflexion sur le sort de l'humanité. Je le lance tout de go : SVP, chers didacticiens et docimologues de toute allégeance politique, serait-il possible d'arrêter de nous tenir en otage avec l'évaluation des apprentissages? Je m'explique...
 
Mes élèves sont en troisième secondaire. En trois ans, ils auront connu trois bulletins différents. L'évaluation cotée à quatre échelons (A-B-C-D), propre à PROTIC, me satisfaisait pleinement : elle rendait compte clairement et simplement du niveau de développement des compétences en cours d'apprentissage. À chaque constat correspondait un échelon. En fin de cycle, l'élève se voyait attribuer la cote R pour "réussite" et NR pour "non-réussite". Je vivais très bien avec cela : si une compétence est "un savoir-agir fondé sur la mobilisation et l'utilisation efficaces d'un ensemble de ressources" (PFÉQ du 2e cycle, chapitre 1, p. 11), il m'apparaît normal, après avoir posé mon regard sur plusieurs dizaines de productions en cours de cycle, d'être capable de conclure de façon claire qu'un élève a ou n'a pas ce savoir-agir en fin de cycle. 
 
Or, ce qui devait arriver arriva : le politique, au sens large du terme, s'en est mêlé. On nous a vanté les vertus du retour au bulletin chiffré sans jamais en expliquer les tenants et les aboutissants pédagogiques. On a sondé tout le monde, à grands coups de "Question TVA", pour s'enquérir de l'opinion publique. On a fait beaucoup de prêchi-prêcha sur les sacro-saintes moyennes de groupe. Joli vaudeville!
 
Concrètement, il en résulte que dans un programme particulier comme celui où j'enseigne, nous avons dû adopter une échelle à cinq échelons pour nous arrimer aux échelles de niveaux de compétence (qui sont prescrites en fin de cycle). Il y a maintenant deux cotes pour dire qu'un élève répond aux attentes sans les dépasser : un élève peut "satisfaire clairement" ou "satisfaire minimalement". Étrange, mais tolérable. Mais le plus cruel reste à venir : il faut transposer les cotes en notes pour établir une pondération pour chaque compétence (oui, vous avez bien lu) et une moyenne de groupe (oui, vous avez encore bien lu). Et nous voilà reparti dans le grand délire de l'évaluation normative, des courbes de Gauss, du classement entre élèves, du "picossage" consistant à donner des points pour chaque question...
 
S'est-on demandé ce qu'en pensaient les enseignants et les élèves? Non. Ou si peu. Mario Dumont, en tout cas, ne se l'est pas demandé. Mario ne discute pas : il sait. He's right; we're all wrong.
 
S'est-on demandé si ces décisions politiques rendent vraiment compte des apprentissages ou, plutôt, de quels apprentissages ils rendent compte? Bien sûr que non. Il est plus simple de dire aux gens que tout était mieux "dans l'bon vieux temps des notes et des moyennes" : cela évite d'entreprendre de réelles réflexions sur la pertinence des outils et des méthodes d'évaluation dans un contexte de réforme axée, en principe, sur l'évaluation de compétences. Au fait, quelqu'un peut-il m'expliquer en quoi un élève peut "lire et apprécier des textes variés" à 83 %? Cela veut-il dire que lorsqu'il lit un texte de 100 mots, il arrête de comprendre ce qu'il lit au 83e ?
 
S'est-on demandé si les moyens dont dispose l'éducation publique aujourd'hui donne aux enseignants qui veulent innover les moyens de le faire? Pas du tout. Sans doute est-on trop occupé à se faire réélire. L'innovation, ça fait peur, et il n'y a rien de mieux pour se faire élire que de rappeler à quel point tout était mieux avant.
 
L'ingérence du politique dans l'évaluation m'insulte, car ces décisions purement politiques ont un impact sur mes pratiques pédagogiques, et cet impact échappe à ceux qui les ont prises. Rares sont les ministres qui ont mis les pieds dans une école secondaire depuis le jour où ils y ont reçu leur diplôme. On nous impose des outils et des impératifs d'évaluation qui nous forcent à modifier notre enseignement alors que ce devrait être le contraire : l'évaluation doit être au service des apprentissages et non l'inverse, que diable! Peut-on imaginer que l'on impose à un médecin un outil unique et obligatoire en lui demandant de l'utiliser dans toutes ses interventions auprès des patients? Bien sûr que non : comme on le présume compétent (voir la définition ci-dessus), on lui fournit une panoplie d'outils, et c'est en se fiant à son jugement professionnel que le médecin utilisera les bons outils dans le bon contexte. Pourquoi n'en est-il pas de même en enseignement? 
 
Je crois bien être un professionnel de l'éducation au même titre que le médecin est un professionnel de la santé. Ma compétence à moi, c'est de mettre ce que je sais et ce que je suis au service d'un groupe d'élèves pour le guider dans ses apprentissages et dans sa découverte du monde. Je suis là pour entretenir le feu et le raviver de temps à autre, et en tant que professionnel qui agit en fonction de son jugement... professionnel, justement, je revendique le droit d'utiliser les outils que je juge appropriés en fonction de mes intentions pédagogiques. Quand je dois prendre des décisions visant à satisfaire des fantasmes politiques plutôt qu'à faire apprendre vos enfants, je ne suis pas au service des élèves : je réponds aux requêtes administratives d'un gouvernement pour qui le bonheur d'apprendre en ayant du plaisir se confond avec les demandes comptables du Conseil du Trésor.
 
Décideurs, SVP, laissez-moi créer. Laissez-moi juger des outils qui servent à ma création. Réaffirmez publiquement que mes collègues et moi sommes des professionnels de l'apprentissage. Laissez-moi juger des apprentissages et du développement des compétences de mes élèves. Et donnez-moi les moyens et la liberté de faire mon travail au meilleur de mes compétences.
 
Martin Bélanger

Que de choses à bloguer!

Réflexions pédagogiques Rétroliens (0) Commenter   

Avant d'aller plus loin, je remercie tous ceux qui ont pris le temps de commenter sur ce blogue ou par courriel le rapport sur le blogage à PROTIC que j'ai produit il y a quelques jours. J'ose espérer que cette modeste étude de cas puisse s'ajouter à d'autres afin d'alimenter notre réflexion collective sur les blogues et, de manière plus élargie, sur l'éducation!
 
Aujourd'hui, j'ai annoncé à mes élèves mon intention d'élargir ma pratique de blogueur à des sujets de plus en plus variés. L'attrait que j'ai pour le blogage me surprend moi-même : j'ai débuté par un simple blogue pour mes élèves, qui est en fait davantage un outil de diffusion que de discussion. J'ai ensuite eu envie d'enrichir ce premier blogue... pour finalement m'apercevoir qu'il m'en fallait un deuxième, un "vrai", sur lequel je pourrais réfléchir et laisser libre cours à mes douces folies. C'est justement l'impulsion que je veux donner à ce second blogue : en plus de réfléchir sur l'éducation, sur les TIC et sur ma pratique d'enseignant, j'ai l'intention de bloguer comme mes élèves, c'est-à-dire sur une foule de sujets. Ce sont d'ailleurs eux qui m'ont inspiré et donné le goût de le faire : ce que je lis sur leurs blogues me donne envie de joindre cette parade qu'ils mènent avec une maestria épatante!
 
En plus des "réflexions pédagogiques", j'ai donc créé toutes sortes de catégories : Cris et écrits me servira à publier prose et autres coups de plume, Tranches de vie sera un défouloir d'anecdotes anodines et rigolotes, À découvrir me servira à partager des trouvailles... et je créerai de nouvelles catégories dès que le besoin s'en fera sentir.
 
Au plaisir de lire vos réactions à mes billets... qu'ils soient pertinents ou non! ;-)
 
Martin Bélanger

Bloguer, une pratique porteuse de réussite

Réflexions pédagogiques Rétroliens (0) Commentaires (6)   

Bonjour,
 
Il me fait plaisir de publier ici l'intégrale du rapport que j'ai rédigé à propos des quatre premiers mois de blogage des élèves de 3e secondaire du programme PROTIC (Compagnons-de-Cartier, Québec). Loin d'être exhaustif, ce rapport avait pour but premier de documenter les premiers pas des élèves dans la blogosphère éducative et de savoir en quoi les blogues et le Web 2.0 peuvent être un important vecteur de réussite scolaire.
 
Les résultats essentiellement positifs de l'étude rendent la publication du document encore plus intéressante en ce qui me concerne! Je suis soufflé de voir l'impact positif des blogues sur l'apprentissage et la motivation des élèves. L'article publié dans le quotidien Le Soleil du 2 décembre dernier laissait présager des résultats positifs, mais je ne savais pas qu'ils le seraient à ce point.
 
N'hésitez pas à commenter abondamment ce billet!
Conçu par N.Design Studio
Propulsé par Lifetype.  [Administration]